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Le vin peut-il être un placement plus rentable que la bourse ?

Pour ceux qui ne sont pas des flèches iroquoises en matière de finances, sachez que l’on peut aussi être à la fois un joyeux buveur et un parfait boursicoteur. Voici pourquoi, et surtout comment.

Acheter du vin comme on investit en Bourse : l’idée séduit de plus en plus d’amateurs et d’investisseurs en quête d’un actif tangible, potentiellement rentable et moins volatil que les marchés financiers. Longtemps dominé par les grands crus de Bordeaux et de Bourgogne, ce marché s’est aujourd’hui largement diversifié, avec l’émergence des vins dits «confidentiels», issus de petits domaines ultra-recherchés, le plus souvent estampillé nature. Ces nouvelles tendances chahutent un peu les codes, et ouvrent des perspectives relativement inédites. Mais comment fonctionne réellement cet investissement et peut-il rivaliser avec la finance traditionnelle ?

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L’investissement dans le vin repose sur une logique simple : la rareté et la demande font grimper la valeur des bouteilles avec le temps. Les grands crus classés sont depuis longtemps les stars de ce marché, avec des références incontournables tels que Petrus, la Romanée-Conti ou encore Krug, avec une production limitée et un prestige qui leur assurent une demande constante, notamment en Asie et aux États-Unis. Mais une nouvelle dynamique est en train de s’imposer : celles des vins de niche, produit en quantité infinitésimale, incarné par des vignerons en passe d’entrer dans la légende, avec des prix qui s’envolent sur le marché secondaire.

Des prix démultipliés

Selon certaines études, les chiffres sont assez éloquents, avec une augmentation à trois chiffres de la valeur des 1000 vins les plus recherchés au monde en l’espace de 20 ans. Certains grands crus ont vu leur valeur exploser : en 2000, une caisse de Château Lafitte Rothschild 1982 s’achetait 2 500 euros ; aujourd’hui, elle dépasse 50 000 euros. Du côté de la Bourgogne, on observe qu’une Romanée-Conti 1990, vendu 2 000 euros en 2000, peut désormais s’échanger à plus de 20 000 euros sur le marché des enchères.

Mais ces tendances concernent aussi les vins plus confidentiels, où l’effet de rareté est encore plus marqué. Ainsi, les investisseurs avisés se tournent de plus en plus vers de petits producteurs dont les vins sont produits en quantités infimes et recherchés par les collectionneurs et sommeliers du monde entier. Parmi eux, on peut notamment citer le Clos Rougeard, dans la vallée de la Loire, dont les prix ont été multipliés par 10 en 10 ans, ou encore les domaines Overnoy et Jean-François Ganevat dans le Jurala Grange des Pères en LanguedocChâteau Rayas dans la vallée du Rhône, Coche-Dury en Bourgogne, et tant d’autres. Le succès de ces vins repose sur trois critères majeurs : une production ultra-limitée, une qualité irréprochable et un culte quasi mystique autour de la figure du vigneron. Et contrairement aux grands crus, ils ne bénéficient pas d’un classement officiel, ce qui les rend encore plus désirables aux yeux des acheteurs.

Un marché aux multiples avantages, mais qu’il faut apprivoiser

Si de plus en plus d’investisseurs se tournent vers le vin, c’est parce qu’il offre plusieurs avantages. Tout d’abord, c’est un actif tangible. Contrairement aux actions, une bouteille aura toujours une valeur, et en cas de crise, elle pourra tout bonnement être bue. Ensuite, en raison d’une faible corrélation avec les marchés financiers, le vin n’étant pas directement impacté par les fluctuations de la Bourse, cela en fait un actif refuge. La fiscalité avantageuse est un autre avantage majeur. En France, les plus-values sur la revente de vin ne sont pas imposées si elles restent occasionnelles. Les plafonds restent tout de même à vérifier. Enfin, on note le simple plaisir d’investir dans un produit beaucoup plus réjouissant qu’une triste action ou quelques cryptos.

Mais avant de se jeter à corps perdu sur les sites d’enchères, il faut tout de même savoir rester vigilant sur trois points : tout d’abord, la contrefaçon, car le marché est inondé de faux. Il faut donc prendre garde à ne jamais acheter sur un site ne fournissant pas de garantie d’authenticité. Ensuite, les conditions de conservation. Une bouteille mal stockée ou ayant fait trois fois le tour du monde peut perdre toute sa valeur. La traçabilité est un élément clé. Pour finir, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit tout de même d’un marché moins liquide que la bourse, et que revendre ou acheter du vin reste plus compliqué qu’un simple clic sur un site d’investissement boursier. Le risque existe, et le minimiser au maximum consistera à savoir repérer les futures pépites avant tout le monde, et donc à consentir à un petit travail de veille.

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Mais une chose est sûre : qu’il soit bu ou revendu, un bon vin ne perd jamais complètement sa valeur. Un investissement qui, au pire, finira dans un fond de verre… et ça, la bourse ne peut pas en dire autant !

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